Découvrez le regard à facettes de Dollocaris, un redoutable crustacé du Jurassique

Dollocaris fait partie des Thylacocéphales, un groupe éteint d'arthropodes marins. Ce crustacé, qui a disparu à la fin du crétacé, tout comme les dinosaures, il y a environ 66 millions d'années, mesurait de 5 à 20 cm de long.

Une équipe internationale vient de reconstituer la structure tridimensionnelle des yeux de ce fossile âgé de 160 millions d'années, selon la revue Nature Communications, mardi 19 janvier 2016. 
Une équipe internationale vient de reconstituer la structure tridimensionnelle des yeux de ce fossile âgé de 160 millions d'années, selon la revue Nature Communications, mardi 19 janvier 2016.  (JEAN VANNIER / NATURE / AFP)

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Il a été découvert à La Voulte-sur-Rhône (Ardèche), un gisement réputé pour ses fossiles d'organismes marins. Le Dollocaris, une sorte de crustacé primitif du Jurassique, livre désormais ses secrets. Sa particularité ? Il avait des yeux globuleux énormes, couvrant près du quart de son corps, relève une étude publiée mardi 19 janvier dans la revue Nature Communications (en anglais). 

Dollocaris fait partie des Thylacocéphales, un groupe éteint d'arthropodes marins. Ce crustacé, qui a disparu à la fin du crétacé, tout comme les dinosaures, il y a environ 66 millions d'années, mesurait de 5 à 20 cm de long. Protégé par une carapace, un peu comme un crabe, il possédait trois paires d'appendices préhensiles qui lui permettaient d'attraper ses proies, faisant de lui un redoutable prédateur pour les crevettes de son époque.

Plus spectaculaire encore : ses yeux composés hypertrophiés comprenaient chacun 18 000 facettes. Un record si l'on excepte les libellules actuelles qui en ont encore plus.

Un prédateur au regard fatal

Une équipe internationale vient de reconstituer la structure tridimensionnelle des yeux de ce fossile âgé de 160 millions d'années. Ils ont ainsi découvert que chaque facette était prolongée en profondeur par des cellules photoréceptrices, les ommatidies. Or, plus celles-ci sont nombreuses, meilleure est la résolution.

"On ne connaissait pas d'yeux aussi bien fossilisés dans les temps très anciens", a déclaré à l'AFP Jean Vannier, directeur de recherche CNRS au Laboratoire de géologie de Lyon (France), qui a piloté l'étude. 

Grâce à cette vision sophistiquée et sans doute très efficace, Dollocaris pouvait détecter ses proies, les suivre et les capturer avec ses trois puissantes paires d'appendices. Preuve de leur appétit : "des restes de crevettes sont encore présents dans l'estomac du petit prédateur", indique Jean Vannier.