Yvelines : deux militants de l'association L214 condamnés pour s'être introduits dans un abattoir

Devant le tribunal correctionnel de Versailles, les deux prévenus ont reconnu les faits, mais les estiment "justes".

Des porcs dans un élevage de Plonéour-Lanvern, dans le Finistère, le 11 août 2015.
Des porcs dans un élevage de Plonéour-Lanvern, dans le Finistère, le 11 août 2015. (FRED TANNEAU / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Leurs images montrant le procédé d'étourdissement des porcs avaient choqué. Deux militants de l'association de défense de la cause animale L214 qui avaient caché des caméras dans un abattoir des Yvelines ont été condamnés, lundi 9 octobre, par le tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines). 

Les deux prévenus, qui ont reconnu les faits, mais les estiment "justes", ont écopé d'une amende de 6 000 euros dont 5 000 avec sursis pour "violation de domicile". Ils ont été relaxés pour le chef de "tentative d'atteinte à la vie privée". Une amende de 15 000 euros, dont 10 000 avec sursis, avait été requise contre eux le 4 septembre. L'abattoir, qui réclamait 215 000 euros de dommages et intérêts, a été débouté.

Un abattoir signalé par un lanceur d'alerte

Le 12 décembre 2016, les deux membres de l'association, dont le cofondateur Sébastien Arsac, avaient dissimulé des caméras, notamment sur une nacelle descendant les cochons dans le puits où ils sont étourdis au CO2 avant d'être saignés. Trahis par la chute d'une des caméras, les deux militants avaient été interpellés alors qu'ils venaient récupérer leur matériel.

L'association s'était intéressée à cet abattoir après un signalement par un lanceur d'alerte pour ses supposés manquements, néanmoins jamais relevés par les services vétérinaires. L'étourdissement des porcs au CO2 avant la saignée est légal, mais pour L214, qui demande son interdiction, il constitue une méthode "systématiquement longue et douloureuse".

Dans un communiqué, l'association estime que le "droit à l'information" a été "sanctionné". “Le droit à l'information, ce n'est pas simplement aller se documenter sur Wikipedia ou consulter des sites sur internet. Pour L214, c'est aussi se rendre sur le terrain et parfois prendre des risques pour documenter et filmer ce qui est caché derrière les murs des abattoirs", revendique-t-elle, avant de lâcher : "Nous espérons qu'à l'avenir, [ce droit à l'information] sera pleinement reconnu et que l'intérêt général et l'intérêt des animaux seront plus importants que la protection d'intérêts privés."